Effet Cahuzac , un effet papillon anti démocratique

 En rentrant de vacances, je trouve sur mes messages, une demande de publication de mon patrimoine par un journaliste. Drôle d’idée quand on connait comment je vis et avec quelles difficultés, j’apporte des aides à ma famille, parents et enfants, pour vivre décemment.

 Publier mon patrimoine ne ferait pas avancer la démocratie mais malgré tout me pose question: comment le remous provoqué par un ministre indélicat peut il entraîner la suspicion sur tous les Élus, sans distinction? Écho aux expressions populistes:  » les Politiques tous pourris » ou « ce qui les intéressent, c’est leur intérêt personnel et l’argent ».

 Dès ma première campagne électorale, je déclarerais dans ma lettre de motivation:  » Être élu, crée des devoirs, je m’en souviendrai… ». J’ai toujours considéré m’engager par dévouement envers mon pays, l’intérêt commun des concitoyens et le service à la Nation. Jamais pour des privilèges personnels, la gloire ou les bénéfices des avantages d’une fonction. Je crois que c’est le fait de la majorité des Elus en France, je ne pense pas être iconoclaste en disant cela.

 Mais pour moi, l’effet cahuzac soulève surtout deux problèmes: la fraude fiscale et l’aveu d’un mensonge en politique.

 La fraude fiscale doit être punie quelque soit le citoyen qui plus est, un Ministre du budget responsable des mesures anti fraudes. On croit rêver ! Mais en politique comme ailleurs, les hommes sont comme ils sont et la démocratie n’y échappe pas. L’institution est bonne quand elle produit les bonnes lois, qu’elle les fait appliquer et qu’elle les contrôle. C’est à mon sens le seul moyen de donner confiance aux citoyens et de renforcer l’esprit civique.

 L’aveu du mensonge en politique n’est pas commun. J’ai à la mémoire des affaires récentes où la transparence est plutôt douteuse dans le respect de la règle « du rien dire en politique » pour revenir. Comme ci la vérité en politique était dangereuse. Briser la loi du mensonge, dans les affaires en politique, me semble inaccessible car elle relève de la morale donc d’un facteur personnel inscrit au plus profond de l’ Être.

 Je suis persuadé qu’obtenir la vérité en politique ne passe pas par la morale, pas plus que par le bien fondé de la déclaration du patrimoine des élus. Par contre, je crois à deux mesures indispensables pour rendre la démocratie plus vertueuse: un contrôle institutionnel et juridique indépendant et un non cumul des indemnités.

 Le Président de la République a déjà répondu à ma première interrogation pour contrôler le patrimoine des Élus au début et à la fin de leurs mandats par une Haute Autorité indépendante. Espérons que les moyens d’ investigation et le personnel mis à disposition seront à la hauteur de nos attentes pour mener à bien cette mesure indispensable. C’est une exigence légitime des citoyens.

 A propos de non cumul, je me souviens des propos du candidat François HOLLANDE a Dijon exhortant les parlementaires à assumer essentiellement leur mandat de représentant national et d’abandonner les activités électives locales . Je suis navré d’entendre les arguties de parlementaires, de tout bord, accrocher comme des berniques à leurs multiples fonctions comme à des propriétés personnelles. On voit bien que le non cumul des indemnités déjà appliqué aux parlementaires, à hauteur de une fois et demie le montant brut de l’indemnité parlementaire n’est absolument pas dissuasif sur le cumul des mandats car encore trop avantageux. (8250€)

 Pour être efficace, il faut inscrire le non cumul des indemnités et l’abaissement de leur plafond permettant aux parlementaires d’exercer qu’une autre fonction non exécutive, sans en percevoir les indemnités afférentes. Il faut savoir que cette mesure peut-être immédiatement applicable en 2014 en l’ inscrivant dans la loi de finance. C’est une question de volonté politique qui redonnerait confiance aux citoyens envers une classe politique dont ils se méfient.

 J’ai le sentiment que le contrôle des patrimoines avant et après mandat et le non cumul des indemnités sont susceptibles de modifier le panel des personnalités politiques, de toutes tendances, et de permettre un renouvellement des candidatures.

Si on n’aboutit pas à des règles institutionnelles et juridiques claires pour conforter la motivation honorable de la majorité des Élus, la défiance des citoyens peut porter un coup fatal à la Démocratie.

 

 

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