DEPENDANCE : DANS LES CHOUX !

Grand chantier du quinquennat de Sarkozy, affirmation début 2011 par Bachelot de « mesures d’urgence », représentant 1 milliard d’euros et reconnaissance par le premier Ministre de « l’ampleur des changements que nous devons assumer pour faire face à la nécessaire solidarité envers les personnes âgées ». Mais…« patatras »…en juillet, tout est dans les choux ! On verra après les Présidentielles.

Je suis très inquiet à court terme des propositions de réduction des dépenses de l’Etat pour le budget 2012, du projet de réforme qui vise à faire des économies sur l’hospitalisation des personnes âgées dépendantes. Je le suis encore davantage quand, le 24 août dernier, le Premier Ministre, parle de temps d’étude nécessaire sur le dossier de la dépendance pour trouver des ressources adaptées et assurer l’avenir de l’assurance maladie.

Que répondre aux familles dont les parents dépendants perçoivent des revenus faibles (moins de 1 000€) ou qui ne bénéficient pas de l’aide sociale à l’hébergement ? Le financement du reste à charge peut aller à 1500 € en ayant recourt aux ressources familiales, ce qui est pour la majorité insoutenable.

Comment maintenir le lien social, en se maintenant à son domicile ou en logement adapté, sans coordination des services à la personne qui soit abordable ? Les services d’aide à la personne tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années sur les difficultés de garder un personnel qualifié et de maintenir un tarif  accessible, pour une population qui voit son pouvoir d’achat se réduire d’année en année alors que les charges augmentent.

Comment ne pas ignorer le besoin d’accompagnement des proches pour assumer la présence constante et attentionnée des personnes dépendantes, pathologiquement ou psychiquement lourdes ?

Je sais que nous sommes dans un système en matière de dépendance, peu lisible et inégalitaire suivant les âges et les territoires, et qu’aucune proposition de compensation des incapacités des personnes ne répond vraiment à la demande.

L’urgence, pour moi, sera de proposer de regrouper les moyens autour de maisons départementales de l’autonomie pour coordonner les services trop dispersés et de qualité de prises en charge inégale. Il importe également de proposer des revenus de remplacement pour supprimer les « reste à charge » indécents ainsi que la construction de logements dédiés et adaptés à proximité des familles.

Je suis opposé au recours à une assurance privée obligatoire proposée par une Députée UMP, pour couvrir la dépendance, ainsi qu’au recours à la succession qui n’est pas complètement abandonné malgré les protestations de l’Assemblé des départements de France, du Conseil économique, social et environnementale ainsi que des partis de gauches.

La prise en charge de la  perte d’autonomie est un problème, ni insurmontable, ni insoutenable, socialement et financièrement, c’est d’abord un choix de société essentiel pour la solidarité nationale. Ce qui préside à ma réflexion, c’est avant tout le respect de l’humanité et de la vie. Je ne peux que regretter que ces valeurs ne soient pas une priorité pour l’actuelle majorité présidentielle.

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