OU SONT LES TOURISTES ?

 J’attendais juillet avec impatience comme probablement beaucoup d’entre vous. Mais arrivé sur les plages roussillonnaises, je n’ai pas trouvé grand monde ? Où sont les touristes ? Faut il admettre que les conditions économiques désastreuses, la montée du chômage inévitable, la réduction du pouvoir d’achat des ménages, la crainte d’une débâcle financière dû à la dette soient des signes de perte de confiance des vacanciers ?

Quand j’enviai en 2010, quatre personnes attablées au restaurant avec chacune une moule-fritte, je savais que c’était bon et que ça restait abordable pour se faire plaisir. Mais en juillet, j’ai été stupéfait de voir une moule-fritte pour quatre, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un problème pour encore se faire plaisir. Pas même une boule de glace à moins de 2 € ! Au dire des commerçants, les vêtements se sont très peu vendu, en restauration des jours sans clients, et en artisanat du « made in china », du jamais vu sur la côte ! Un grossiste des halles de Perpignan me confiait sa crainte d’avoir beaucoup d’impayés en fin de saison avec des départs prématurés de commerces saisonniers.

Dans la commune balnéaire que je fréquente, les campings et les meublés n’ont pas « fait le plein » du fait de la réduction des durées de séjours et la préférence des habitués à prendre plus de temps dans leur famille ou chez des amis résidant sur leur parcours. Quand aux colonies de vacances la suppression des aides (notamment départementale) a eu une influence sur les collectivités organisatrices qui devront probablement répercuter aux familles un « reste à charge » plus important l’an prochain. Alors, on pourra toujours nous faire croire que c’est à cause d’une météo maussade et qu’une région habituellement ensoleillée sous les nuages, les deux tiers du temps, ça n’incite pas à dormir sur la plage ou à se faire bronzer.

Non, je crois vraiment que nous sommes bien engagés dans une crise sévère où « tout un chacun » subit les conséquences néfastes et devient prudent face à un avenir incertain. Je ne supporte plus les reportages télé et les hebdomadaires qui étalent de façon honteuse des différences de revenus entre « Monsieur tout le monde » et une minorité qui partage ses vacances entre yachts et champagne. L’augmentation des prix dépassent le raisonnable et notre pouvoir d’achat se dégrade, nous en faisons tous l’amer constatation quand il faut sortir le porte monnaie !

Alors doit-on dire : pauvre touriste ou touriste pauvre ? A en croire le gouvernement il faut faire la chasse aux allocataires, chômeurs, malades dont certain sont en plus des immigrés, en les fichants de plus en plus. Tous nos problèmes économiques seraient réglées si on mettait fin à l’assistance en tout genre*. Le leitmotiv de la droite populaire repris par l’UMP avance dangereusement en période préélectorale, à les entendre « ce n’est pas l’économie et la finance qui posent le plus de problème, c’est les pauvres ! ». Je rêve. 

 En clair, dépenser plus pour essayer de débusquer les fraudeurs de la France d’en bas et oublier de mettre assez de moyens pour traquer ceux d’en haut.** On marche sur la tête ! Il devient vraiment urgent d’augmenter les salaires et de promouvoir un minimum de revenu d’existence pour redonner du pouvoir d’achat à « Monsieur-Madame tout le monde ». Il faut également définir clairement les seuils de revenus pour relancer la consommation, créer de l’emploi, maintenir la croissance économique et permettre une redistribution équitable des ressources de notre Pays. Bonnes vacances aux aoûtiens et mobilisons nous pour le changement, source d’espoir pour 2012. *Référence aux propos de Monsieur Dassault et Xavier Bertrand. ** Plus de 18 milliards d’euro serait du à la fraude sur les prélévement des entreprises (enquéte parlementaire)

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