SECHERESSE : faut-il changer de pratique en agriculture ?

 Je me pose de plus en plus de questions au sujet des subventions accordées par le département au secteur agricole, qui tendent à soutenir financièrement les exigences imposées par l’agriculture intensive, elles-mêmes soumises aux pressions des marchés et des financiers.

 L’Etat est confronté aux mêmes problèmes : il pleut trop, on subventionne, il ne pleut pas assez, on subventionne, on produit trop, on subventionne, on ne produit pas assez, on subventionne…ces ajustements témoignent d’un système agricole à bout de course.

 L’agriculteur ne peut plus parvenir seul à sa subsistance, et il est impuissant face à la spéculation sur les denrées alimentaires. Les producteurs de semences, l’utilisation des produits phytosanitaires, l’amortissement du matériel sont autant de difficultés à résoudre au quotidien. Cette situation est certainement pire pour les éleveurs qui ont vu, en 2000, leur cheptel réduit, suite à la crise de la vache, puis qui ont subi, à partir de 2008, l’augmentation du prix des aliments et des engrais. Cette année, la sécheresse va aggraver la crise de la viande bovine qui dure déjà depuis quatre ans…et les trois sociétés qui contrôlent la majeure partie de l’abattage vont maintenir leurs marges avec les distributeurs, en laissant aux éleveurs un prix de la viande parmi les plus bas du monde.

 Je pense qu’il faut appréhender ces problèmes autrement que par la distribution de subventions, au coup par coup et, proposer des solutions durables. Si l’on considère le réchauffement de la planète comme inéluctable et que celui-ci s’accompagnera inévitablement d’une modification géographique des précipitations, il faut alors changer complètement le type de culture pratiqué sur notre territoire et favoriser des plantes moins gourmandes en eau et sans un arrosage continu. Ce ne sont pas les quelques réserves d’eau dispersées sur le territoire (et subventionnées) qui vont apporter la solution aux problèmes. Continuer à y croire me paraît absurde.

 Au Népal, où j’ai eu la chance de passer quelque jours, j’ai pu apprécier la rotation des cultures (pommes de terre, blé et riz sur les mêmes parcelles) ce qui n’a pas manqué de m’interroger sur nos habitudes. Semer essentiellement du maïs aujourd’hui sur notre territoire est-ce bien raisonnable ? Ne faut-il pas privilégier des semences d’hivers moins gourmandes en eau comme le blé, le colza et pourquoi pas le sorgho plus au sud ? Ne faut-il pas accroitre les stocks de fourrage en semant des cultures fourragères entre les récoltes d’autres cultures ?

  L’équilibre du système entre années favorables et années difficiles doit prendre en compte les grands bouleversements environnementaux. Je suis persuadé qu’il faudra arbitrer entre productivité intensive et sécurité si l’on veut maintenir notre indépendance alimentaire, notre agriculture et nos élevages. L’évolution des pratiques agricoles et du financement public est incontournable. Là aussi, ça doit être porteur d’espoir et de changement.

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