« Politique de Santé », 2012 et après ?

Une loi qui devait conduire à une meilleure rigueur financière et à une amélioration de la qualité des soins, aux yeux du gouvernement, pour justifier les fermetures d’établissement et les regroupements, a fait long feu. Recul sur la loi HPST, revisité par la loi Fourcade, moins de rigueur sur la lutte contre les déserts médicaux, pédale douce sur les restructurations hospitalières avec la réouverture de services fermés, allégeance vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.

Au moment où la France a besoin d’engagements durables pour assurer une proximité de la permanence des soins et une politique de santé alternative, on assiste a une débandade inquiétante et inconséquente. La pêche aux votes des médecins pour 2012 l’emporte sur l’accès aux soins des Français. Une fois encore, Sarkozy recule sur tous les fronts de la réforme annoncée.

Pour une fois, le projet socialiste met la Santé au centre de ses préoccupations prioritaires, comme la formation, l’éducation et la sécurité. Il affirme la nécessité de rétablir l’égalité territoriale et financière de l’accès aux soins, la correction des effets pervers de la tarification hospitalière à l’activité, la facilitation de la coordination entre l’hôpital et les réseaux de médecine de proximité et le dégagement de moyens matériels et humains nécessaire pour répondre aux besoins de santé du pays.

On ne peut ignorer la nouvelle donne en matière de santé, les conditions d’offre se sont fortement dégradées et la loi HPST a découragé les plus ardents défenseurs du service public. Par exemple, les 5 prochaines années, 60% des médecins anesthésistes réanimateurs seront à la retraite, comment faire tourner les blocs opératoires dans tous les hôpitaux ? ça parait impossible sans les regroupements de plateaux techniques et en repositionnant l’hôpital au centre du système de soins.

L’hôpital de demain sera organisé autour de plateaux techniques performants privilégiant la chirurgie alternative (hospitalisation de jour ou de semaine) dans un réseau de services à domicile et de convalescence à proximité du domicile.

La médecine générale sera de plus en plus organisée dans des maisons de santé regroupant tous les professionnels (médecins, infirmières, kinésithérapeutes…) permettant une pratique de soins concertée même dans les zones sous dotées. Le mode de tarification forfaitaire, pouvant faciliter l’accès aux soins et une meilleure prévention de la maladie, doit permettre d’enrayer le renoncement aux soins liés aux dépassements d’honoraires.

Les étudiants en médecine doivent participer à la solidarité nationale, en début de carrière, en participant à la prise en charge des patients dans les différentes structures de santé y compris les zones sous médicalisées. Des mesures incitatives, comme les bourses, aides à l’installation, mesures fiscales, devront favoriser une bonne harmonisation sur l’ensemble du territoire.

Aux propositions de changement du parti socialiste, nous attendons la position des candidats aux présidentielles, sur les mesures en faveur de la Santé, pour prendre position et ne pas décevoir les Français attachés à leur protection sociale et au service public.

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