«DEPENDANCE » POUR NOS VIEUX JOURS. QUI PAYERA ?

 Vieillir est plus facile lorsque l’on a la santé et que l’on est bien entouré, mais le constat est le même pour tous : plus on prend de l’âge et plus nos facultés physiques et mentales s’émoussent. Je taquine parfois nos ainés mais je leur ressemble étrangement au même âge. Je jardine moins souvent et moins vite, je cherche un mot, je bricole peu et je reçois moins : suis-je en train d’acquérir une certaine sagesse ?

 Je souhaite vivre chez moi, dans ma maison, aussi longtemps que je le pourrai; c’est ce que je nous souhaite à tous. Dès mon premier mandat de Maire-Adjoint à l’action sociale aux Mureaux, j’ai voulu faciliter la vie des séniors en renforçant le service à domicile: soins infirmiers, aides ménagères, portages de repas, accompagnement dans les commerces, etc. Mes fils ont tous effectué, dans le cadre de leurs études, des stages en maisons de retraite et ils m’ont fortement alerté sur les conditions de vie parfois terribles des patients. Ils me disaient : “Papa, on fera tout pour que tu ne sois jamais placé, car les institutions, aussi accueillantes soient-elles, ce ne sont plus vraiment la vie ”.

 A ma connaissance, une personne âgée entre dans une institution bien plus souvent par nécessité que par choix. La rupture affective avec ses voisins, ses amis, son entourage est brutale. A cela vient s’ajouter la culpabilité de devenir un “poids” pour les autres. Les proches, eux aussi, se sentent coupables de ne pas pouvoir faire mieux. Et souvent viennent s’ajouter les soucis financiers au drame affectif.

 Qui paye la dépendance ? Car si les soins médicaux et paramédicaux sont pris en charge par la Sécurité sociale, si le Conseil Général participe au maintien de l’autonomie à travers l’APA[1], qu’en est-il de l’hébergement ?

Aujourd’hui il n’existe aucune régulation en matière de tarif d’hébergement, c’est l’institution qui en fixe le montant en fonction de ses propres critères: aide à la personne, services proposés, qualité et standing, environnement… En EPADH[2] le tarif est en moyenne de 63 €/jour. Mais quelles sont alors les solutions pour une personne dont la pension de retraite n’atteint pas les 1000 €, si ce n’est demander de l’aide à sa famille ?

 Dans mon canton, l’EPADH de Meulan a brutalement décidé d’aligner ses tarifs sur le tarif moyen d’hébergement départemental (lui-même équivalent au tarif moyen national), ce qu’il n’avait pas fait depuis au moins 5 ans. Le coup est rude pour les familles et je comprends leur mécontentement. Quels sont alors les recours pour obtenir une aide supplémentaire ? Pour certains ce sera une mutuelle complémentaire, d’autres solliciteront une aide du Conseil Général qui prendra en charge sous certaines conditions 50 ou 75 % du tarif d’hébergement (avec possibilité de remboursement d’une partie de l’avance départementale sur les biens de la personne).

 Alors au bout du compte, qui reste-t-il pour « régler la note » ? Les enfants qui ont, pour beaucoup, déjà à charge leurs propres enfants: en bas-âge, écoliers, étudiants, chômeurs ou débutants dans la vie active, et qui sont parfois eux même en situation précaire du fait des conditions économiques défavorables. La politique sarkozyste ne nous permet pas d’assurer l’amélioration qu’il nous avait pourtant promise…

 Ce constat navrant nous oblige à repenser la prise en charge du vieillissement et de  la dépendance. Le problème est trop vital pour laisser chacun trouver sa propre solution en fonction de ses seules ressources. Nous vieillissons tous ensemble sans savoir quelles seront les embûches que nous rencontrerons : problèmes financiers, ennuis de santé, solitude La solidarité me paraît être la solution la plus juste, afin de trouver ensemble la meilleure répartition possible des coûts pour que personne ne reste sur le bord du chemin au crépuscule de sa vie. C’est pour moi  un engagement politique incontournable.  


[1] Allocation Personnalisée d’Autonomie

[2] Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

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