SPECULER SUR LES DENREES ALIMENTAIRES, UN SCANDALE !

 J’ai de plus en plus de mal à supporter les injustices sociales dans notre pays et la façon dont on nous manipule. La dernière injustice en date consiste à nous dire que « les denrées alimentaires vont probablement subir une légère augmentation  », pour qui nous prend-on ? C’est tout simplement scandaleux !

Avant l’été 2010, les agriculteurs dénonçaient la hausse du prix du pétrole et faisaient part de leur appréhension quant à l’impact de la sécheresse sur leurs récoltes. Par un (mal)heureux hasard, les plaines russes ont été ravagées par des incendies sans précédent, les champs australiens ont été noyés par des inondations et la plaine de Chine du nord est, en ce moment même, touchée par une très grave sécheresse.

 Toutes ces catastrophes ont permis à la France d’exporter d’immenses quantités de blés et de sur-spéculer, tant et si bien que nos stocks ne suffiront peut-être pas à assurer la consommation de blé nationale. Pourtant, on nous dit « les denrées alimentaires vont probablement subir une légère augmentation  », et plus particulièrement celles qui utilisent du blé dans leur fabrication. Ne vous étonnez donc pas si la plus forte hausse portera sur les produits premiers prix, les « sans marques », ceux que vous trouvez en bas du rayon, en vous mettant à quatre pattes… oui, ceux qu’achètent les plus démunis. C’est tout simplement scan-da-leux !

 Avant l’été 2010, les producteurs de lait épandaient leur production dans les champs en signe de protestation, car la vente de leur produit ne leur permettait pas de couvrir les frais de production. Leur colère, très légitime, contraste avec les plans marketings des industriels de l’agroalimentaire qui transforment le lait en or, en le vendant comme un médicament « qui régule le transit intestinal » ou qui « aide votre organisme à se renforcer ». Les industries agroalimentaires n’ont jamais fait autant de profit qu’avec le lait ! Je connais même au sein de ma propre famille des adeptes du lait, qui absorbent religieusement tous les matins les 20cl de lait aux subtiles bactéries qui coûtent pourtant une fortune. On nous annonce d’ailleurs que le lait en poudre va être côté en Bourse et qu’ainsi la spéculation va être permise. Mais ce ne sera surement pas au profit des familles des pays émergents, ni des producteurs de lait. C’est tout simplement scan-da-leux !

L’envolée du prix des matières premières ne laisse espérer aucune amélioration du pouvoir d’achat en 2011, pourtant les très hauts salaires et les rémunérations des dirigeants d’entreprises ne cessent de s’envoler. Les inégalités se creusent et deviennent insoutenables, alimentant un sentiment d’injustice profond jusque dans les classes moyennes. Les familles des producteurs agricoles se sentent lésées et impuissantes face au fossé colossal qui existe entre la baisse de leurs revenus et la spéculation  sur les produits de première nécessité.

Alors que le Directeur du FAO[1] annonce que « les prix alimentaires ont atteint un seuil historique en janvier, leur plus haut niveau depuis 1990 »,  on constate clairement les effets de l’extrême volatilité des prix agricoles, soumis à des aléas divers (marché, climat, spéculation…).Ainsi, le seul marché ne peut pas réguler le niveau du revenu agricole. Le démantèlement des outils de régulation provoque des fluctuations de prix souvent irrationnels. Comme le préconise le Député socialiste de l’Allier, Jean Mallot, dont je partage entièrement l’avis, il convient de veiller avec les organisations professionnelles agricoles :

–         à une meilleure répartition de la plus value entre les acteurs économiques,

–         au contrôle et à la transparence des marges des distributeurs,

–         à inciter à la contractualisation pour garantir les prix aux consommateurs,

–         à  une juste répartition des aides en respectant un environnement durable.

C’est parce que je ne supporte plus la spéculation sur les denrées alimentaires qui constitue une injustice sociale flagrante, touchant en premier lieu les plus démunis et déstabilisant notre économie agricole, que je vous appelle à vous opposez, comme moi, à ces pratiques « scan-da-leuses ».


[1] Food and Agriculture Organization of the United Nation, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

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