QUARTIERS RENOVES, Y AURAIT IL TROMPERIE SUR LES LOYERS ?

 Démolition d’immeubles, réaménagement des quartiers sensibles, rénovation urbaine, à chaque inauguration, je suis interloqué par la même réaction de nombreux habitants relogés : « j’ai accepté de déménager et on a augmenté mon loyer », un vrai paradoxe où être relogé dans un appartement neuf est vécu comme une injustice et non comme une chance!

De l’autre côté le bailleur affirme que le prix au m² est identique à l’ancien logement et que les charges seront moins importantes du fait de l’isolation thermique  et du chauffage individuel. En résumé si vous ne vous chauffez pas et si vous réduisez le nombre de douches, vous êtes gagnant !

Cette situation est pour moi de plus en plus intolérable, car en période de crise économique, de chômage, d’augmentation de la pauvreté, c’est bien au niveau du logement social que doivent se mettre en place les innovations en matière d’accompagnement des locataires et en garantissant des loyers stabilisés.

 Une augmentation de 50 euros sur le loyer suffit à déséquilibrer un budget précaire et réduire la consommation au quotidien. Alors quand l’Etat, en plus, va taxer les loyers des parcs d’HLM, la répercussion pour nombre de salariés, locataires et familles deviendra nettement prohibitive.

 Qu’on ne vienne pas me dire que « ces gens là(!) » sont tous aidés. Les retraités que j’ai rencontrés hier, ne reçoivent rien d’autre que leur petite retraite et doivent trouver le complément nécessaire pour rester dans le quartier où ils ont leurs amis ; la jeune femme qui galère avec les horaires de crèche et un SMIG, également.

 Quand des bailleurs HLM reconstituent un patrimoine immobilier neuf, aidés par les pouvoirs publics, avec des garanties d’emprunts assurées par les institutions, je pense qu’ils se doivent d’avoir une politique sociale de relogement à loyer identique au logement initial, même si la surface est différente de quelques m² et d’assurer un accompagnement locatif permettant de préserver l’effort de rénovation.

 Ma crainte est de voir : tous les efforts déployés dans les projets de rénovation urbaine (ANRU) voués à l’échec faute d’accompagnement de proximité et l’aggravation de la paupérisation de l’habitat due aux loyers prohibitifs. Quant au gouvernement, il a nettement fait le choix de ne pas soutenir les locataires et de demander aux collectivités locales de construire plus avec moins de financement.

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