PROTECTION SOCIALE EN PANNE ?

Immeuble sécurité sociale

Immeuble sécurité sociale

Je suis interpellé par les responsables des CCAS et des associations caritatives qui s’inquiètent de l’explosion des demandes d’aide, dites « non obligatoires », et des abandons de soins consécutifs aux modifications profondes des critères d’attribution du Conseil Général et des dé-remboursements de frais par la Sécurité Sociale.

L’Etat providence est en panne ! Il est confronté à la persistance massive du chômage, au vieillissement d’une population bénéficiant des avancées de la médecine, à l’inflation des retraités du baby boom, à l’impact de la mondialisation mais aussi et surtout à une redistribution des richesses de plus en plus déséquilibrée. Autant de facteurs qui ne permettent plus de le financer.

Je me rappelle de mes parents qui me vantaient les acquis de notre protection sociale par répartition, issue des luttes ouvrières d’après 1945. Il s’agissait d’établir un pacte de solidarité entre les générations assurant aux jeunes une formation, aux actifs un travail, aux seniors une retraite bien méritée et à tous un accès aux soins indépendamment des revenus de chacun.

Dans la recherche de solutions du gouvernement Sarkozy, force est de constater qu’on sacrifie la solidarité collective et les services publics, notamment hospitaliers, au profit des garanties individuelles : dé-remboursement progressif de l’assurance maladie laissant « à charge » de chacun une part de plus en plus importante, abandon de soins pour certains, augmentation des tarifs des assurances privées et des mutuelles entrainant des abandons de couverture sociale complémentaire, maintien du financement des retraites jusqu’en 2018 favorisant les initiatives de capitalisation individuelle…

Je suis surpris qu’on puisse encore s’étonner et ne pas comprendre les choix politiques du gouvernement alors qu’ils sont conformes à l’idéologie libérale : il y a ceux qui pourront s’offrir une protection sociale à leur mesure et ceux, le plus grand nombre, qui feront appel à la solidarité familiale, aux associations caritatives ou qui se trouveront de plus en plus exclus. Ce qui est, pour moi, inacceptable et me fait souhaiter un véritable sursaut républicain.

La Gauche doit avoir l’honnêteté de reconnaître que notre financement des dépenses sociales est en bout de course parce les ressources manquantes sont surtout le fruit de la politique de la droite, en général, et de l’actuel gouvernement, en particulier, qui n’a fait que réduire les recettes fiscales depuis 2002.

Je suis convaincu que nous pouvons préserver notre système de protection sociale en rétablissant une juste répartition des prélèvements fiscaux, en préservant la compétitivité de nos entreprises, en redonnant du pouvoir d’achat pour relancer la consommation et en défendant nos acquis sociaux adaptés à l’évolution de notre société.

L’ambition de la gauche est de s’engager à proposer une réforme efficace qui maintienne notre système de solidarité par répartition. Et pour être durable et juste, cette réforme ne doit pas s’appuyer que sur un allongement de la durée des cotisations mais sur l’augmentation des rentrées fiscales, qui ont été détournées vers les profits, tout en garantissant le plein emploi.

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