EXPRIMER SON DESACCORD DANS LA RUE

Manifestations

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Je ne suis plus aussi empressé d’aller manifester qu’à 30 ans et pourtant, le 7 septembre, je n’ai pas résisté à l’envie de descendre dans la rue pour dire mon désaccord avec la reforme des retraites proposée par le gouvernement. Allant et venant au sein du cortège et de part et d’autre des trottoirs pour rejoindre différents groupes, je n’ai peut-être même pas été compté* dans les estimations de la police ?! Alors que le slogan du site gouvernemental affiche : « réussissons une réforme juste », je ne comprends pas qu’on puisse expliquer à un salarié qui a travaillé toute sa carrière pour que son entreprise prospère et se maintienne sur le marché en dégageant des bénéfices qu’il ne pourra pas avoir droit à la retraite qu’il espérait à la fin de son activité alors que durant toute cette période les actionnaires de l’entreprise ont touché les profits produits ? Qui plus est, que les sacrifices à faire porteront sur les 90% des salariés et que les 10% de revenu du capital ne sont en rien concernés.

Non ce n’est pas juste !
A
u moment où tout le monde doit faire un effort, les salariés comme les bénéficiaires des profits sur leur travail doivent participer au financement de la réforme pour sauver la retraite par répartition.
Mon métier d’anesthésiste réanimateur me contraint à travailler le jour comme la nuit, avec la même rigueur et la même vigilance. Je suis bien obligé, à 62 ans, de constater  que ma récupération physique est bien plus longue et difficile à assumer. Alors, me demander de travailler jusqu’à 67 ans est une aberration et probablement dangereux pour ceux qui me font confiance en fin de garde.

Non ce n’est pas juste !
Il y a des métiers difficiles comme ceux qui amènent à travailler la nuit ou bien comme ceux qui sont au contact de produits nocifs ou encore ceux qui obligent à porter des charges lourdes… Ces métiers doivent être reconnus comme pénibles et être majorés par années de pénibilité et non pas subir des rallongements  d’années de travail.
Oui, je veux avoir la liberté de partir à 60 ans en fonction de mon désir et qu’on me laisse la possibilité de poursuivre mon travail, en cotisant plus longtemps, si mon état physique me le permet.
Qu’on m’explique la crise, les problèmes de démographie, l’allongement de la durée de vie, je peux l’entendre et être d’accord pour une réforme de la retraite par répartition mais pas quand celle-ci est injuste, qu’elle ne règle rien dans la durée et que, par dessus tout, elle pèse sur les  plus modestes et les plus fragiles.
Oui j’étais dans la rue et j’y retournerai ce jeudi 23 septembre !

* Ne sont comptabilisés que ceux qui défilent sur la chaussée

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